Qu’est-ce qu’une accompagnante?
Le mot «doula» vient du grec ancien, et désigne principalement une femme au service d’autres femmes. Aujourd’hui, une doula apporte son aide principalement à la femme et son partenaire durant la période périnatale.
Au Québec, c'est surtout l'expression «accompagnante à la naissance» qui est utilisée.
Que fait-elle?
L’accompagnante, et ce malgré le fait qu'elle en partage souvent la philosophie, est à distinguer de la sage-femme car elle n’a pas la formation universitaire de la sage-femme, et ne peut donc «faire» des accouchements.
Durant la période prénatale, l’accompagnante informera les futurs parents, les préparera à vivre l’accouchement et l'arrivée du bébé, et offrira un soutien informatif ainsi qu'émotionnel.
Puis, dès le début du travail, elle sera en contact avec le couple et se rendra auprès d'eux quand le travail sera dans sa phase active, ou dès que la femme en travail en ressentira le besoin, que ce soit au domicile des parents ou sur le lieux de naissance choisi par ceux-ci.
L’accompagnante suggérera plusieurs moyens de faciliter le travail, tels que: massage, relaxation et visualisation, positions, hydrothérapie, ballon de naissance, etc. L’accompagnante est toute dévouée à la future maman et ne la quittera souvent pas avant la deuxième heure suivant la naissance.
En postnatal, elle visitera les nouveaux parents à leur domicile pour s’assurer du bien-être de la nouvelle famille, aider à l’allaitement, et pour offrir de l’information et du soutien. Bien sûr, elle reste disponible par téléphone ou courriel pour répondre aux questions et calmer les angoisses.
Qu’est-ce qu’elle ne fait pas?
L’accompagnante ne parle pas pour les parents, et ne prend pas de décision à leur place. Mais elle les informe de leurs options, pour qu’ils puissent faire des choix éclairés. Par contre elle pourra, si ils le désirent, être leur porte-parole envers le personnel médical, et s’assurer que le plan de naissance soit respecté dans les mesures du possible, sans créer un climat malsain.
P ourquoi pas une infirmière?
Plusieurs infirmières pourraient effectivement être de bonnes accompagnantes à la naissance. Malheureusement, nous savons tous quels types de problèmes affligent notre réseau de santé, dont un est le manque de personnel. Souvent, plus d’une femme accouchera dans un certain laps de temps, et les infirmières en devoir devront diviser leur temps entre toutes ces patientes. Quand leur journée de travail sera terminée, elles quitteront en laissant vos soins à la prochaine équipe. Il ne faut pas oublier que l’infirmière doit respecter les protocoles hospitaliers, et n'est pas toujours habilitée à vous informer sur les alternatives possibles. Les infirmières sont souvent parmi les premières à suggérer l’épidurale et autres drogues, pour vous «aider».
Par contre, l’accompagnante ne vous quittera pas avant au moins une heure suivant la naissance, vous donnera toute l'information dont vous aurez besoin et sera à votre service.
Prendra-t-elle la place du père/partenaire?
Non, à moins que cela ne fasse partie de l’entente. Sinon, l’accompagnante fera équipe avec le père, et le guidera dans les gestes qui pourront soulager la future maman, tout en respectant son niveau désiré d’implication. Ensemble, ils travailleront à créer le bon climat pour la naissance, en donnant un support physique et émotionnel à la future maman.
L'accompagnante respecte toujours le besoin d'intimité du couple, et elle sera aussi la gardienne de cette intimité.
Quels sont les avantages d'être accompagnée?
Au sujet de l'accompagnement à la naissance, des études ont démontré une diminution de:
- 60% du recours à l'épidurale - 50% du taux de césarienne - 25% de la durée du travail - 40% du recours à l'ocytocine (Pitocin, Syntocinon) - 30% du recours aux narcotiques - 30% de l'usage des forceps
Les avantages de l'accompagnement à la naissance se font aussi sentir durant la période postnatale. Les mères ayant eu recours aux services d'une accompagnante ont souvent une meilleure relation avec leur bébé, et elles sont plus affectueuses envers lui. Elles souffrent moins de dépression postpartum, allaitent leur bébé plus longtemps, et plusieurs ont vu une amélioration de leur relation avec leur conjoint/partenaire.
Les résultats complets de ces études peuvent être lus dans l'excellent livre «The doula book, how a trained labor companion can help you have a shorter, easier and healthier birth», de Marshall H. Klaus, M.D., John H. Kennel, M.D., et Phyllis H. Klaus, C.S.W, M.F.T.
Est-ce que les femmes qui choisissent l’épidurale bénificient tout de même des services d’une accompagnante?
Il existe un mythe qui dit que les accompagnantes n’offrent leurs services qu’aux femmes qui choisissent d’accoucher naturellement. On est bien loin de la vérité. Bien sûr, l’accompagnante informera le couple des risques des interventions et méthodes médicales pour soulager la douleur et en suggérera d’autres qui sont sans dangers pour la mère et le bébé. Mais elle respecte toujours le choix de la femme et du couple, et sera en mesure de les aider à vivre le mieux possible la naissance de leur bébé.
L’accompagnante peut bénéficier autant aux couples, aux mères seules et/ou vivant une situation particulière, aux adolescentes, aux femmes qui veulent tenter un accouchement vaginal après césarienne (AVAC), celles qui planifient accoucher par césarienne, etc. La priorité de l’accompagnante est de s’assurer que la femme vivra la naissance de son bébé de la meilleure façon pour elle et son nouveau-né, sans égard à la façon choisie.
Combien coûtent les services d’une accompagnante?
Les prix peuvent varier d’une région à l’autre, d’une accompagnante à l’autre. Tout dépend des formations suivies, de l’expérience, des services offerts. Certaines accompagnantes travaillent pour une entreprise en périnatalité, d’autres sont travailleures autonomes, et certaines sont au service d’un organisme communautaire et désservent les familles à revenu modeste.
Quel type de formation l’accompagnante reçoit-elle?
Dans la région de Montréal, certaines écoles et organismes offrent des formations de base en accompagnement à la naissance. En général, la formation est d’une durée de 48 heures, réparties sur quelques jours. Alternative-Naissance et Mère et Monde forment des accompagnantes et en emploient. Le Collège d’études en maternité alternative (CÉMA) est la seule institution à offrir une formation plus poussée avec le programme «accompagnante certifiée», en plus d’offrir la formation de base ainsi que des formations complémentaires.
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